Revue d'Historiographie du Théâtre

Revue d'Historiographie du Théâtre No

« Ce théâtre n’est pas le nôtre. » Rousseau et Diderot spectateurs de plein air

Marc Escola

Résumé

En conflit sur presque tout, Rousseau et Diderot s’accordent au moins sur ce constat : le théâtre de leur temps est un art corrompu, et le siècle a accéléré sa dégénérescence. Le « fantasme grec » qu’ils partagent jusqu’à un certain point est au demeurant celui de toute une génération, on l’a souvent observé. On a moins souligné en revanche que, sous la plume de Rousseau comme de Diderot, la référence au « théâtre des Grecs » constitue moins un saut dans le temps qu’un déplacement dans l’espace, et même une sortie au grand air : le théâtre antique qu’ils convoquent est un théâtre ouvert, et tout s’y joue sous le ciel, devant le peuple assemblé.

Abstract :

Rousseau and Diderot clashed about almost everything, but they both firmly acknowledged that the theatre of their time was artistically corrupt, and its degeneration was accelerating as the century progressed. It has often been noted that the “Greek fantasy” that they shared, upto a point, belonged to their entire generation. Less remarked has been the fact that, in Rousseau’s writing as well as that of Diderot, references to the “Greek theatre” are less a jump in time than they are in space — in fact, they are a jump to the great outdoors. The ancient theatre that they both call upon is an open one, where everything is performed in front of a gathered population under the open sky.


Vous n'avez actuellement pas accès au contenu de cet article. Veuillez vous connecter à votre espace adhérent, vous abonner à la revue ou acheter cet article pour le visualiser dans son intégralité.

retour
haut de page