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Actualité Société d'Histoire du Théâtre

Séminaire Histoire du spectacle vivant | année 2017-2018

Responsables :

Jean-Claude Yon, professeur à l’UVSQ.

Graça Dos Santos, professeur à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Horaire : Lundi, de 17h30 à 19h.

Lieu : Société d’Histoire du Théâtre, Bibliothèque nationale de France,

71 rue de Richelieu 75002 Paris (rendez-vous devant le 71)

Programme :

6 novembre : Isabelle Moindrot, « Les auctorialités d’un dramaturge à succès : le cas de Victorien Sardou »

Victorien Sardou (1831-1908) s’illustra dans un large spectre de genres dramatiques: comédie et vaudeville, drame, pièces historiques, opéra-comique, féerie, opéra bouffe, opéra… Brillantes, bien ficelées, aptes à soulever l’enthousiasme de publics très divers, ses œuvres furent jouées, traduites et adaptées dans le monde entier. Mais l’auteur non seulement ne prit pas soin d’établir une édition complète de son œuvre, mais garda la plupart de ses grandes pièces inédites. La publication de l’édition critique des Drames et pièces historiques, fruit d’un travail collectif de plusieurs années et dont les six tomes viennent de sortir chez Classiques Garnier, est l’occasion de revenir sur les liens complexes entretenus par l’auteur avec les matériaux divers de l’art dramatique.

 

4 décembre : Delphine Aebi, « Le scandale au théâtre des années 1940 aux années 1960 »

Le scandale, souvent abordé à travers des discours moraux le condamnant ou le célébrant, est en réalité un événement protéiforme et ambigu. Il trouve sur la scène le lieu par excellence de son déclenchement. Le théâtre et le scandale, communément associés aux notions du spectaculaire et du conflit, ne sauraient s’y réduire pour des auteurs en quête d’une définition de leur identité et de leur relation aux autres. Les années 1940 à 1960 en France constituent une période troublée qui mène des dramaturges pourtant très différents à faire du scandale un moyen de communication privilégiée entre la scène et la salle, offrant l’espoir d’un théâtre capable de concilier l’individu et la cité.

8 janvier : Isabelle Barbéris, « Choisir, sélectionner, éliminer, jouer ? Mise en scène du public décisionnaire et fictions démocratiques de Henri Pousseur à Roger Bernat »

Les spectacles incluant le vote du public (voire, désormais, entièrement construits à partir de ce dernier) alimentent l’« esthétique de la convivialité » (Shannon Jackson) des œuvres théâtrales participatives qui se sont multipliées au début du XXIe siècle – sous l’influence de l’art performance et de l’injonction à la médiation artistique. […] Nous partirons de Notre Faust, l’opéra de Pousseur et Butor ainsi que de l’évocation des premières expériences de Robert Hossein, auteur d’un théâtre de masse qui incluait (encore marginalement) le vote du public, pour finir par évoquer des expériences contemporaines qui mettent en abîme la crise de la représentation démocratique, et intégrant souvent une référence aux usages numériques (« liker », « partager » sont des succédanés délibératifs). Les spectacles avec vote du public présentent une forte variabilité (idéologique et formelle) mais nous chercherons à fixer quelques topoi récurrents. […] A l’intérieur du jeu de la représentation, on assiste au déploiement de différents discours, bien souvent dystopiques, sur la démocratie comme jeu.

 

5 février : Yannick Simon, « Représentation et réception de Lohengrin en province à la fin du XIXe siècle »

Avant son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris le 16 septembre 1891, Lohengrin avait été porté à la scène dans six théâtres français en dehors de la capitale. Nous nous demanderons ce que cette antériorité nous dit du wagnérisme français et nous analyserons ce qu’entendent, voient et ressentent des spectateurs qui, pour une très large part, assistent  pour la première fois à une représentation d’un opéra de Wagner.

 

5 mars : Julie Sermon, « Partition(s) : objet et concept des pratiques scéniques (XXe-XXIe siècles) »

Longtemps réservé au monde de la musique, le terme de « partition » (score, dans l’espace anglophone) a été investi dès le tournant du XXe siècle, et de manière accrue à partir des années 1960, par d’autres disciplines artistiques, au premier rang desquelles le théâtre, la danse et la performance. Cette extension sémantique et esthétique, sans précédents, est signifiante à double titre : d’une part, elle témoigne d’importantes mutations à l’œuvre de ces champs, qui rendent nécessaire un élargissement du vocabulaire usuel ; d’autre part, elle atteste la capacité qu’a le terme de « partition » de nommer les mutations en question. À partir de ce constat qui, étonnamment, n’avait encore jamais été objet de réflexion propre, l’ambition du projet Partition(s) (projet de recherche et d’expérimentation conduit à La Manufacture-Haute Ecole des Arts de la Scène de Suisse Romande (Lausanne), entre 2013 et 2015) a donc été de cartographier les enjeux esthétiques, pratiques et théoriques qu’engage le transfert, dans et pour le champ des arts du spectacle, du terme musical de partition.  L’invitation au sein du séminaire sera l’occasion de discuter les résultats auxquels cette recherche a abouti, mais aussi, de rendre compte de la méthodologie développée tout au long du projet.

 

9 avril : Amélie Grégorio, « Un « barbare » devenu héros : Abd-el-Kader sur les planches au XIXe siècle »

Le théâtre du XIXe siècle s’intéresse de près à la vie d’Abd-el-Kader, grand résistant à la pénétration française en Algérie. La mise en perspective de plusieurs œuvres représentant ce personnage historique, replacées dans le foisonnement dramatique et le concert médiatique de leur temps, permet de saisir les différents moments de la construction d’une stature héroïque. En effet, l’image de l’ennemi farouche des années 1830 s’estompe progressivement au profit d’une figure théâtrale quasi mythique, incarnée par des acteurs de renom et utilisée voire récupérée sous le Second Empire, en lien avec la politique algérienne de Napoléon III.

 

14 mai : Martin Laliberté, « Les archives de la mise en scène Spectacles populaires et culture médiatique 1870-1950 »

Longtemps méprisés, les spectacles populaires sont abordés ici sous l’angle d’une culture médiatique dont on suit l’essor à travers différentes formes de spectacles visuels et sonores, théâtre, cinéma, music-hall ou café-concert. Ce volume, Spectacles populaires et culture médiatique, s’inscrit dans la continuité du précédent ouvrage publié dans la même collection, Hypermédialités du théâtre. Les dix-neuf contributions que renferme le présent volume poursuivent l’analyse des archives du fonds de l’Association de la Régie Théâtrale (ART), déposé à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Peu étudiée jusqu’ici, cette riche collection rassemble les documents – près de 6 500 pour la période choisie – déposés par les régisseurs, metteurs en scène et directeurs de théâtre de la région parisienne : relevés de mise en scène, photographies, partitions, articles de presse… Une grande partie de ce fonds concerne des œuvres traditionnellement rangées dans la catégorie des spectacles populaires.

 

4 juin : Claude Schopp, « Alexandre Dumas fils, collectionneur à contre-courant »

Charles Yriarte, préfaçant en 1892 le catalogue de vente de la collection d’Alexandre Dumas fils, portait ce jugement : « Dumas, collectionneur, est original et peut-être étrange [….]. Il a eu ses peintres comme on a des amis, toujours les mêmes, parce qu’on les aime. […] Il a choisi les fiers, les silencieux, les obstinés, les solitaires et les naïfs. » Nous tenterons, en recomposant la ou plutôt les collections de Dumas fils, d’en saisir les pôles esthétiques.

 

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