Expositions Virtuelles

Le théâtre en colonie. Chapitre 1 : L’Indochine

Présentation

LE THÉÂTRE EN INDOCHINE : ARCHIVES CLAUDE BOURRIN, ACTEUR, METTEUR EN SCÈNE, ADMINISTRATEUR COLONIAL

Dans les archives de la Société d’Histoire du Théâtre se trouvent quelques boîtes, versées par Claude Bourrin, ami de Louis Jouvet, de Jacques Copeau, de Léon Chancerel et administrateur des théâtres en Indochine.
Claude Bourrin avait le goût des archives. Son ouvrage Le Vieux Tonkin (1941), qui décrit consciencieusement la vie matérielle et culturelle dans cette région de l’Indochine, en est la preuve.
La vie théâtrale – son répertoire, ses conditions économiques, son entrelacement avec les dynamiques sociales à l’œuvre dans la colonie, sa composante mondaine et son étonnant foisonnement – occupe une place centrale dans les traces qu’il a laissées de sa vie en Indochine.
Claude Bourrin avait des rêves de colonies et des rêves de théâtre. Il a associé les deux dans un projet de « rénovation du théâtre » en Indochine qui emprunte largement au programme Vieux-Colombier de Jacques Copeau, d’où il vient et qui ne cessera de l’inspirer. Ne parle-t-il pas d’ailleurs du Vieux-Colombier comme d’une « compagne bien-aimée » ? (lettre de Claude Bourrin à Jacques Copeau, mai 1925, correspondance Bourrin-Copeau, fonds Claude Bourrin, Société d’Histoire du Théâtre).
Les archives qui sont présentées dans cette exposition virtuelle donnent à voir – à travers les programmes des spectacles et soirées auxquels Claude Bourrin a participé comme acteur puis comme directeur et metteur en scène du Théâtre Municipal de Hanoi – une histoire du théâtre colonial en Indochine : importance des soirées de bienfaisance, souvent au profit de la Croix-Rouge française, surveillance des services du Gouvernement général d’Indochine, entres autres grâce au service photographique, répertoire mêlant œuvres de divertissement, ballets, musique, comédies et pièces de facture plus classique, comme Claude Bourrin le rêvait, soit un théâtre de grandes œuvres à destination des coloniaux et des élites colonisées.
Cette iconographie nous parle aussi de l’exotisme puissant qui nimbe les expériences théâtrales françaises dans la colonie : elle dit la fascination pour l’Extrême-Orient et la tentative de croiser les esthétiques asiatiques et occidentales. Les images présentées ici témoignent à ce titre de toute l’ambiguïté du projet colonial : captation des héritages et imposition de modèles culturels, exportation de projets issus du théâtre populaire français, aménagement de la vie sociale et mondaine par la culture.

| Léonor Delaunay, Janvier 2015

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