Revue d'Histoire du Théâtre

Revue d'Histoire du Théâtre No

L’adaptation d’un conte oriental arabo-musulman, « mise en tension de l’archaïque et du contemporain ». Autour de la mise en scène de Baïbars, le Mamelouk qui devint sultan

Marcel Bozonnet, Martial Poirson

Résumé

Baïbars, le Mamelouk qui devint sultan (2009) repose sur l’adaptation du Roman de Baybars. Marcel Bozonnet explicite par cet entretien les enjeux esthétiques et idéologiques de cette transposition scénique d’une infime partie du grand cycle narratif arabo-musulman d’époque ottomane. L’intrigue du conte-source est concentrée sur quelques épisodes emblématiques, et rendue à la puissance d’évocation onirique, mais aussi à la brutalité mythologique d’un grand récit initiatique et édifiant: celui du parcours d’ascension d’un héros populaire qui triomphe finalement de ses ennemis en prouvant sa valeur. Le spectacle, dont la scénographie évoque un campement nomade, repose sur un dispositif théâtral alliant tradition et modernité et une troupe cosmopolite d’interprètes originaires de France, de Syrie, du Liban, de Tunisie et d’Algérie: il engage à une redécouverte du fond commun de la littérature populaire de tradition orale, rendant enfin à la
« scène commune », en l’abordant par sa « double généalogie », l’héritage culturel arabo-musulman au sein d’un espace public résolument multiculturel.

Abstract :

Baïbars, le Mamelouk qui devient sultan (Baïbars, the Mameluk who becomes a Sultan), 2009, is an adaptation of The Tale of Sultan Baybars. Marcel Bozonnet gives an account of the aesthetical and ideological issues at stake in his drama adaptation of a very small section of the multiple-plot Arab-Muslim narrative cycle of the Ottoman period. The plot of the feeding tale is centred on some emblematic episodes which are permeated with the powerful dream-like evocation but also with the mythological brutality of a major tale of initiation and edification: the rise of a popular hero who eventually triumphs over his enemies, and thus proves his valour. The scenography of the production evokes a nomadic camp, mixing tradition and modernity, and the multi-ethnic cast is composed of actors from France, Syria, Lebanon, Tunisia, and Algeria. The production invites the spectators to rediscover the foundation of oral, popular culture. It also offers a chance for this Arab-Muslim cultural heritage, approached from the point of view of its “double genealogy”, to be performed on a public stage sustained by a determined policy of multiculturalism.


Vous n'avez actuellement pas accès au contenu de cet article. Veuillez vous connecter à votre espace adhérent, vous abonner à la revue ou acheter cet article pour le visualiser dans son intégralité.

retour
haut de page