Revue d'Histoire du Théâtre

Revue d'Histoire du Théâtre No

Médée ou la naissance de la sorcellerie

Normand Doiron

Résumé

Faute d’être la première tragédie française, La Médée de La Péruse représente le principe de la tragédie moderne : une nouvelle conception du mal, triomphant dans les crimes impunis de la magicienne. L’idée qu’on se fait de la nature change brusquement et provoque une révolution éthique. Médée exhibe le visage grimaçant de cette nature abandonnée par la grâce. Sur le plan politique, l’affrontement de la magicienne et du roi a valeur de symbole. Médée, dans sa grandeur, figure tout ce qui résiste encore à la puissance du monarque. Celui-ci doit s’emparer du pouvoir magique qui seul peut consacrer son élection. En tant qu’illusion, la magie représente le théâtre lui-même, ou bien l’hypocrisie qu’oppose Jason à son épouse déchue. Car, avant Corneille, La Péruse voit que le lieu de la tragédie est la cour.

Abstract :

If not the first French tragedy, La Médée de La Péruse embodies the very principle of modern tragedy: a new conception of evil, victorious in the unpunished crimes of the magician. Our idea of Nature changes suddenly and gives rise to an ethical revolution. Médée shows the twisted face of that Nature forsaken by grace. At the political level, the confrontation of the magician with the king has a symbolical value. Médée, in her greatness, portrays all that still resists the monarch’s power. He has to conquer the magical power, only way for him to secure his election. As an illusion, magic represents the theatre itself, or the hypocrisy that Jason sets against his deposed spouse. For before Corneille, La Péruse understands that tragedy unfolds in the court.


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