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Actualité Société d'Histoire du Théâtre

Réception, appropriation, détournement des fêtes de cour (17e-18e siècles)

 Journée d’études organisée par Marine Roussillon et Claudine Nédelec.
Arras, 15 juin 2018.

La recherche sur les fêtes de cour s’est longtemps consacrée à la reconstitution des spectacles : aux aspects institutionnels et aux modalités pratiques de leur organisation, à leur esthétique et à l’imaginaire politique qu’ils mettaient en scène. Cette journée d’études propose de déplacer le regard porté sur les fêtes en interrogeant leur réception : plus que leurs effets sur leurs premiers spectateurs, difficilement saisissables, il s’agit d’étudier la manière dont elles ont été ressaisies dans l’écriture, appropriées, mobilisées dans des actions nouvelles.

Les fêtes de cour fascinent, jusqu’à aujourd’hui. C’est cette admiration que nous voudrions interroger. L’admiration suscitée par les gravures et les récits officiels des fêtes est l’effet programmé des stratégies de publicité du pouvoir, bien plus qu’une trace ou qu’une survivance des émotions qu’a pu provoquer l’événement des fêtes. Elle occulte l’écart qui existe entre la fête et les écrits qui la convoquent, qu’ils s’agissent de récits officiels, de mémoires ou de pamphlets, et du même coup l’action propre de ces écrits, qui utilisent la fête, et les valeurs auxquelles elle est associée, pour intervenir dans le monde social. Elle masque ainsi la possibilité de divergences dans l’interprétation des fêtes et de l’imaginaire du pouvoir qu’elles véhiculent, de débats, voire de résistance. En interrogeant cette admiration, nous voulons mettre en lumière les enjeux – esthétiques, éthiques et politiques – de l’écriture des fêtes et de leur interprétation, aux XVIIe et XVIIIe siècles et encore aujourd’hui.

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