La Science au théâtre

Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne

Couper des têtes, faire surgir un château ou une montagne, créer une tempête, allumer le feu… : autant de pratiques et techniques scéniques et para-scéniques qui, dès le XVe siècle au moins, fabriquent de l’illusion sensorielle et se perfectionnent pour toujours mieux ébranler le public.[1]

C’est derrière le rideau et les illusions du spectacle que se nichent machineries, artifices, trucages, jeux d’éclairage…  Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer dans La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne se penche sur ce monde des coulisses et des techniques des trucs et des astuces de l’illusion spectaculaire. L’ouvrage se veut une synthèse des progrès, des trouvailles que la connaissance scientifique a apporté au monde du théâtre. La fabrique du décor y est ainsi disséquée. Les potentialités nouvelles offertes par la technique décrite, dessinée, schématisée :

Les applications de la science au théâtre sont aujourd’hui si nombreuses, la reproduction scénique de phénomènes naturels si parfaite, les trucs de tous genres si habilement exécutés, qu’il nous a paru intéressant de décrire les procédés, les appareils et les machines auxquels on a recours pour obtenir ces merveilles dont la représentation provoque toujours les applaudissements des spectateurs.[2]

 

Dans cet ouvrage, très illustré, les procédés techniques, physiques ou chimiques qui rendent possible un théâtre du spectaculaire sont décrits et expliqués à travers de nombreux exemples de spectacles des XIXe et XXe siècles.

Alfred de Vaulabelle (1846-19…), historien et secrétaire de l’Observatoire de Montsouris, et Charles Hémardinquer (1868-1944), physicien et inventeur, s’associent pour l’écriture de La Science au théâtre. Ils décrivent un théâtre rationnel, soumis à la logique scientifique et aux lois de la physique. C’est de cette rationalité que va émaner l’illusion : un oiseau voletant dans Siegfried – mis en scène à l’Opéra – est constitué de papier, de caoutchouc et d’un fil, tandis que le surgissement de l’araignée de L’Araignée d’or – aux Folies-Bergère – est magnifié par une installation très précisément élaborée :

Le peintre H. Rivière […] a fait pour les Folies-Bergère un très beau décor destiné à encadrer la fable de Jean Lorrain: L’Araignée d’or. Il s’agissait de faire surgir du fond d’une caverne l’araignée charmeresse, représentée par une jeune femme impérieusement belle. Or, pour rendre cette apparition absolument féerique et lui donner tout l’attrait désirable, M. Rivière fit établir une trappe-tampon en verre qui permettait d’éclairer la fée par en-dessous au moyen d’un puissant projecteur électrique. « L’effet, dit M. E.-M. Laumann, fut charmant, parce que les rayons lumineux, filant de bas en haut, s’accrochaient à toutes les saillies flottantes des vêtements de l’actrice et n’allaient pas s’écraser sur le décor, – ce qui aurait eu lieu si les rayons avaient été projetés de la salle, – ou s’inscrire en rond sur le plancher du théâtre si on les avait envoyés du cintre. » [3]

Cet ouvrage n’est pas publié en ligne par ailleurs ; nous avons donc choisi de le rendre disponible ici, en accès libre. Vous pouvez au préalable consulter les quelques pages choisies ci-dessous, ainsi que le sommaire complet de l’ouvrage.

 

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Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 30-31.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 108-109.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 122-123.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 134-135.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 222-223.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 232-233.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 234-235.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 236-237.

 

Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, pp. 250-251.

 

SOMMAIRE


 

Introduction

page 4

 

Chapitre premier

Histoire sommaire de la décoration théâtrale | page 6

Le décor chez les anciens. – Le théâtre au XVIe siècle : représentation des Mystères ; décoration simultanée. – Le théâtre au XVIIe siècle ; substitution par Jacques Torelli du décor unique au décor simultané. – Les décorations de décence et de pur ornement au XVIIe siècle. – Révolution dans le système de décoration théâtrale au XVIIIe siècle par Servandoni, et au XIXe siècle par le marquis de Soudiac, le baron Taylor et le peintre Ciceri. – Fond-ciel de M. Kranich adopté par les Théâtres de Bayreuth et de Monte-Carlo. – Artistes décorateurs les plus célèbres des XVIIIe et XIXe siècles. – Confection d’un décor et atelier d’un peintre décorateur.

 

Chapitre II

Scène et machinerie | page 25

Disposition d’une scène de théâtre. – Le plancher et ses subdivisions : plans, rues, trappes, trappillons, levées, tiroirs, reculées, costières. – Les dessous : parpaings, sablières etc. – Les décors : châssis, manteau d’Arlequin, rideaux, bandes d’air, fermes et praticables. – Chariots, mâts, équipes et contrepoids. – Le cintre et les corridors de service. Trous de chat, ponts du lointain et ponts-volants. – Le gril. – Treuils et tambours. – Trucs et décors truqués. – Trappes en étoile et trappes anglaises. – Manœuvre automatique des décors au moyen de machines à vapeur, à gaz ou à pétrole, et de moteurs électriques, hydrauliques ou mécaniques.

 

Chapitre III

L’éclairage | page 43

Éclairage au suif, à la bougie, à l’huile, au gaz et à l’électricité. – La rampe, les herses, les portants, les traînées. – Éclairage système Fortuny. – L’éclairage et la force motrice dans les théâtres et concerts de Paris. – Le jeu d’orgue. – Caisses à lumière et lanternes de projection. – L’éclairage multicolore de l’Olympia. – La piscine du Nouveau-Cirque. – Les enseignes lumineuses des théâtres.

 

Chapitre IV

Applications spéciales et diverses de l’électricité | page 72

Le rideau de fer de la Comédie-Française et ceux des principaux théâtres de Paris. – La chaudière électrique du théâtre du Châtelet. – Les courses de chevaux à l’Union-Square-Théâtre, de New-York, et dans Paris-Port-de-Mer au théâtre des Variétés. – Éclairage des personnages et d’une partie de la scène. – Les costumes étincelants de Peau d’Âne. Les bijoux Trouvé et leurs applications dans le divertissement des Fleurs lumineuses aux Folies-Bergère, dans le ballet de Chilpéric, à l’Empire-Théâtre de Londres, et dans ceux du Voyage de Suzette, au Châtelet et de la Damnation de Faust au théâtre de Monte-Carlo. – Les feux-follets du ballet « La Farandole » à l’Opéra. – Décorations et cartes lumineuses dans Le Château de Tire-Larigot, aux Nouveautés. – Le flambeau d’Ascanio, à l’Opéra. – Les têtes de mort dans Freischutz, etc. au théâtre de Francfort. – Les épées étincelantes dans Faust, au Théâtre de Londres. – La fiole magique et la clef mystérieuse dans Faust, à l’Opéra de Francfort. – L’enclume de Siegfried, à l’Opéra. – Le chandelier magique dans le Pied-de-Mouton. – Les feux d’artifice électriques au Casino de Paris. – L’apothéose électrique dans Aladin ou la Lampe merveilleuse, à Londres. – La cascade lumineuse de la Damnation de Faust au théâtre de Monte-Carlo, et du Pays de l’Or, à la Gaîté. – La cascade de pierres précieuses dans Le Voyage de Suzette, au Châtelet. – Les Fontaines lumineuses aux Expositions de 1889 et de 1900. – La danse serpentine de MMmes Loïe Fuller, Bobb Walter, Hélène Girard, Loetitia, etc. – Miss Lotti dans ses apparitions lumineuses à l’Exposition de 1900. – L’Araignée d’or aux Folies-Bergère. – L’oiseau de Siegfried, à l’Opéra. – La tête de mort enchantée. – Les tubes de Geissler. – Applications de la fluorescence et de la phosphorescence aux effets scéniques. – Le théâtrophone.

 

Chapitre V

L’astronomie et la météorologie au théâtre | page 103

La nuit. – L’aurore. – Le crépuscule. – Le soleil. – La lune. – Les étoiles. – Les nuages. – L’arc-en-ciel. – Les éclairs. – Le tonnerre. – La foudre. – La grêle. – La pluie. – Le déluge. – La neige. – Le vent. – La mer et la tempête, tremblement de terre et raz-de-marée.

 

Chapitre VI

Les applications de l’optique | page 120

Le théâtre noir. – Le mystère du Dr Lynn. – Les ombres vivantes. – Diorama-Panorama. – Cyclorama. – Stéorama. – Panorama. – Transsibérien. – Maréorama. – Cinéorama. – Photorama. – Lanterne magique. – Fantasmagorie. – Polyorama. – Kaléidoscope. – Phénakisticope. – Praxinoscope de projection. – Le théâtre optique. – Le cinématographe. – Curieuse expérience de M. Guéroult. – Le chronophone de M.L. Gaumont. – Illusions d’optique obtenues à l’aide de miroirs : La Prise de Pékin. – La femme araignée. – Le décapité parlant. – La décapitée aquatique. – Le Sphinx. – Le panier indien. – La crémation magique. – Le buste de Socrate. – La femme à trois têtes. – Les spectres. – Amphitrite. – La Czarine. – Les Secrets de miss Aurore. – Manfred. – Le théâtroscope. – Les spectres fondants. – L’antre des fantômes. – L’apparition du théâtre du Ciel. – Emploi des toiles métalliques pour la production des spectres fondants : Jeanne d’Arc, le rêve de Mathis dans le Juif polonais, la vision de Faust, l’apparition de saint Corentin dans Roi d’Ys. – La cascade du bois de Boulogne au bal de l’Opéra. – Décors lumineux de M. Frey.

 

Chapitre VII

L’acoustique dans la salle et sur la scène | page 181

Conseils de Chladni sur la forme à donner aux salles de théâtre. – Expériences de Sannders. – Configurations reconnues les plus avantageuses. – Influence de la décoration et des spectateurs sur la propagation des ondes sonores. – Artifice des anciens. – Observations de Chladni sur des salles de formes différentes. – Proposition de M. Langhans. – Opinion de Rhode. – Remarques de MM. Ch. Garnier et Ad. Sax. – Expériences de M. W. Sabine et résultats obtenus. – Moyen de calculer le pouvoir absorbant d’un amphithéâtre. – Expériences de MM. Lyon-Pleyel et Dubrisay au Trocadéro. – Les cloches sur la scène. – Les orgues électriques. – Métronomes et batteurs de mesure de MM. J. Duboscq, Lartigue, Samuel, Carpentier.

 

Chapitre VIII

La pyrotechnie théâtrale | page 195

Armes et pièces d’artifices en usage au théâtre. – Mode de bourrage des fusils et des pistolets. – Instrument en usage à l’Opéra pour simuler les fusillades. – Composition de M. Édouard Philippe remplaçant avec avantage la poudre ordinaire. – Fusil de M. É. Philippe. – La tringle. – Mitrailleuse de M. É. Philippe. – Canonnades simulées et canonnades vraies. – L’artillerie de « La bataille de Marengo », au Châtelet. – Effets d’incendie dans les opéras de « Sigurd », du « Mage », de « La Walkyrie », et dans le drame de « La Madone aux roses ». – Le bûcher dans l’Opéra d’« Hérodiade », au théâtre de Monte-Carlo. – Formules pour la préparation des feux de bengale et des flammes de couleur.

 

Chapitre IX

Trucs et applications diverses de la mécanique et de la physique | page 203

Changements à vue. – Différentes dispositions données aux décors. – Transformation d’une chaumière en palais, et d’une place publique en intérieur de cathédrale. – La tour enchantée. – Disparition magique dans Les Amours du Diable. – Bruit d’un train en marche. – Les trucs dans Le Roi Carotte et Les Pilules du diable. – Corps suspendus librement dans l’espace. – La traversée du Niagara dans Le Pays de l’or. – La scène à plaque tournante des théâtres de Yamada, de Munich et des Variétés, à Paris. – Coralie et Cie au Palais-Royal. – Scènes à deux planchers des théâtres de Londres. – La piste du Nouveau-Cirque, de Paris. – L’écroulement du temple de Dagon dans Samson et Dalila. – Le cheval, dans La Prise de Troie. – La chevauchée des Walkyries. – L’éventail du ballet Le Rêve. – Le dragon, dans Siegfried. – Les vaisseaux de La Tempête, du Corsaire, et de l’Africaine, à l’Opéra. – L’ascension d’Armide à l’Opéra. – Apothéoses et vols. – Les poupées nageuses, la mouche d’or, dans Le Prince Soleil. – Les papillons dans Modern-Sports, au Nouveau-Cirque. – Les danseuses aériennes dans La Damnation de Faust au théâtre de Monte-Carlo. – La boule mystérieuse. – La Bouillotte magique. – The looping the loop, à l’Empire-Théâtre de Londres, à l’Olympia et au Casino de Paris. –  Le Cercle de la Mort, la Course vers l’abîme, au théâtre du Moulin-Rouge. – La Roue du Diable au Moulin- Rouge. – La flèche humaine à l’Olympia. – Le looping dans le vide au Casino de Paris et aux Folies-Bergère. – Le tourbillon humain. – La torpille humaine. – L’auto-bolide aux Folies-Bergère. – Le tourbillon de la mort au Casino de Paris. – Le Basculo.

 

Chapitre X

Le feu au théâtre | page 257

Chauffage et ventilation. – Régulateur de température de M. L.-H. Dugenait. – Causes multiples d’incendie. – Précautions à prendre et précautions prises. – Projet de théâtre présenté par M. Eugène Saint-Père, architecte, en vue de la reconstruction de l’Opéra-Comique. – Règlements de police. – Ignifugation des costumes et des décors. – Formules de compositions ignifuges proposées par le Laboratoire municipal de Paris. – Procédé de M. de Madaillan. – Inconvénients des produits ignifuges. – Systèmes hydrauliques de commandant Gouzé et de M. A. Gaujard, de Sens. – Théâtre incombustible de MM. C. Coquelin et René Binet, architecte. – Avertisseur thermo-manométrique Preussner. – Idée originale d’un ingénieur bavarois. – Décors incombustibles de M. Moisson. – Suppression des chances d’incendie.

 

 

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NOTES


 

[1] Mélanie Traversier, Introduction à « Techniques et techniciens du spectaculaire, XVe–XVIIIe siècles », Revue d’Histoire du Théâtre, № 278 [en ligne], mis à jour le 01/04/2018, URL : https://sht.asso.fr

[2] Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, p. 1.

[3] Alfred de Vaulabelle et Charles Hémardinquer, La Science au théâtre. Étude sur les procédés scientifiques en usage dans le théâtre moderne, Paris : Henry Paulin et Cie, 1908, p. 96.