Revue d'Historiographie du Théâtre

Revue d'Historiographie du Théâtre No

Le paradoxe de la parole originaire (Valère Novarina)

Marie-Hélène Boblet

Résumé

Les adjectifs « rupestre » et « pariétal » par lesquels Valère Novarina qualifie son œuvre pointent une certaine primitivité, de même que les syntagmes théâtre des oreilles ou théâtre des paroles – ce dernier s’impose à partir de la Lettre aux acteurs en 1979. Ces dénominations suggèrent la source en même temps que la destination de l’œuvre ; elles indiquent le fantasme d’une pratique antérieure au théâtre mimétique et à la représentation dramatique, s’autorisent d’une réhabilitation du sensible audible, sacrifiant l’opsis au babil. L’œuvre, écrite à partir de l’ouïe, et pour être entendue, se fonde paradoxalement sur un certain nombre de soustractions qui pourraient tenir lieu d’un retour vers l’origine.

Abstract :

Valère Novarina’s use of the descriptors “rock” and “wall”— as in cave paintings and carvings—to describe his work highlights a certain primitiveness, just as the expressions “theatre of the ears” (théâtre des oreilles) and “theatre of words” (théâtre des paroles) do—these latter dating from his 1979 Letter to the Actors. Such labels suggest at once a source and a destination forhis work. They point to the fantasy of a theatre practice anterior to mimetic theatre and dramatic representation, and derive their authority from the rehabilitation of sensory intake that is audible, subordinating opsis to babble. His work, starting from the sense of hearing in order to be heard, builds its foundation, paradoxically, on certain subtractions or removals that stand for a return to origins.


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