Revue d'Histoire du Théâtre

Revue d'Histoire du Théâtre No

« Le plus superbe monument de la magnificence de Louis XIV ». Saint-Preux et l’Opéra de Paris (1759)

Marion Lafouge

Résumé

Dans la célèbre lettre II, 23 de La Nouvelle Héloïse, Rousseau attaque conjointement l’Opéra de Paris, soit l’institution royale, et l’opéra français comme genre, confondus et condamnés d’un même geste puisque s’y cristallisent à la fois un certain modèle esthétique et une certaine conception du corps social et politique. Exploitant, comme dans la Lettre à d’Alembert, l’ambiguïté du terme de représentation, Rousseau fait de l’Académie royale le symbole d’une société de faux-semblants et le lieu d’une perversion politique. Cette reformulation originale du topos du theatrum mundi, sorte de réponse au Fontenelle des Entretiens sur la pluralité des mondes, permet à Rousseau de dénoncer l’esthétique de l’opéra français, dont la dimension spectaculaire, parce qu’elle traduit un oubli de soi qui est aussi oubli de ses semblables, est proprement sacrilège.

Abstract :

In the famous letter II, 23 of La Nouvelle Héloïse, Rousseau simultaneously attacks the Opéra de Paris, that is to say the royal institution, and French opera as a genre, both considered to betray not only a certain kind of aesthetic, but also a certain conception of the social and political body. Thanks to the ambiguity of the term « representation » (also exploited in the Lettre à d’Alembert), the Académie royale is presented as the symbol of a society based on pretence and illusion as well as the image of political perversion. In reworking the topos of theatrum mundi and thus answering to Fontenelle’s Entretiens sur la pluralité des mondes, Rousseau denounces the sacrilegious aesthetics of French opera, where the use of the spectacular is a sign of the oblivion of the self, and hence of the political community.


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