Société d'Histoire du Théâtre

Exposition virtuelle

Cadrages et théâtralités du territoire

Les théâtres de verdure vosgiens témoignent de différentes manières d’exploiter le territoire à des fins scénographiques. Cette exposition en présente les différentes déclinaisons.

On note le paysage comme toile de fond, avec ces théâtres ouverts qui cadrent sur les monts ou les forêts, et le paysage comme à-côté, en marge de la scène. Le territoire est tel un écrin dans lequel se joue la pièce. Le paysage est le lieu de l’expérience. Il n’est plus seulement un décor, il est décor et espace du spectacle – l’environnement en guise de construction monumentale qui embrasse le théâtre, le jeu et ses spectateurs. Ici s’incarne la visée démocratique de ces théâtres. Pas de public type ou choisi. Tout le monde est accueilli et considéré par le biais du répertoire de pièces développées par des auteurs locaux, autour de thématiques communes et propres à la région, et le territoire, si connu et arpenté, qui s’incarne comme horizon spectaculaire. Patriotisme vosgien confondu à une volonté de proposer un théâtre accessible à tous et toutes. L’architecture est une autre manière de figurer la région ou ses ambitions : l’architecture forestière, vernaculaire, affilie formellement ces théâtres à la région, et les inspirations antiques matérialisent l’espoir démocratique à l’origine de ces cinq initiatives. Bussang, Gérardmer, Fraize, Saint-Dié, Plainfaing, voilà les cinq théâtres retrouvés.

Conception de l’exposition “Cadrages et théâtralités du territoire” : Camille Hanen

Théâtre de Bussang

Théâtre de verdure, théâtre populaire, le Théâtre de Bussang veut fédérer les habitants de la région autour de pièces qui incarnent le territoire par le paysage et les thématiques locales. Le territoire lui-même est travaillé de sorte à servir le spectacle : les pentes sont progressivement plantées à des fins scénographiques. Le fond devient peu à peu semblable à une forêt.

Théâtre du Saut des Cuves

Avant 1905 : Dans le même élan, quelques années après Bussang, en 1897, Pottecher suit l’initiative de créer un théâtre de verdure à Gérardmer, accompagné d’une école pour préparer les acteurs — participants vivant dans la région, des locaux. Mêmes principes architecturaux, on s’inspire de l’architecture forestière, mode vernaculaire de construction vosgienne. Malheureusement, ce type d’architecture n’est pas pérenne, donc le théâtre s’effondre plusieurs fois.

Après 1905 : Le théâtre est reconstruit, solidement cette fois, en fer et en brique revêtus d’écorce et de rondins de sapins pour lui laisser son caractère rustique, propre au mode architectural dont il s’inspire.

Théâtre de Fraize

Le théâtre de Fraize est créé une quinzaine d’années après celui de Gérardmer, en 1912. Il est une initiative du C.P.C.F. (Comité des promenades du canton de Fraize) et est implanté à deux pas de la scierie et des filatures que nous apercevons en fond d’image, sur la gauche de la scène.

Théâtre de Saint-Dié

Théâtre à même la forêt qui, contrairement aux trois autres, ne s’installe pas à flanc de colline, ou au creux de la vallée, mais en hauteur, pour offrir une vue surplombante, apparente pendant la représentation — une immensité paysagère qui évoque le territoire dans son ensemble plutôt que par des recadrages sur la forêt et les sapins.

Au départ, le théâtre de verdure de Saint-Dié n’est qu’une scène temporaire installée sur les pentes Saint-Martin (1920). Mais au moment de sa construction en dur (1921), ce théâtre va incarner un autre principe du théâtre de verdure populaire imaginé par Maurice Pottecher. En effet, l’influence antique se matérialise ici architecturalement parlant, plutôt que conceptuellement, dans les intentions du lieu.

Théâtre de Plainfaing

Le théâtre de Verdure de Plainfaing (c. 1930) est le dernier, avec Bussang, qui n’ai pas été détruit ou laissé pour compte après les deux guerres mondiales. Il est détruit, puis, plusieurs dizaines d’années plus tard, grâce à une initiative locale et populaire, il est reconstruit (1985). Ce théâtre avait la particularité, à sa création, d’être aussi une école de plein air tenue par l’instituteur du village, Aimé Dodin. Aujourd’hui, il sert de lieu socioculturel et occasionnellement de scène de spectacle pour l’association de théâtre à l’origine de sa reconstruction.

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