Revue d'Histoire du Théâtre

Revue d'Histoire du Théâtre No

Les hyperdidascalies des pantomimes comme traces du jeu mélodramatique (1792-1804)

Sylviane Robardey-Eppstein

Résumé

Pantomimes et premiers mélodrames sont textuellement portés par des didascalies hégémoniques ou invasives qui s’offrent à lire comme traces des conditions ludiques. Dans ces textes narratifs, le récit d’action se mêle aux injonctions scéniques et aux descriptions des mouvements et réactions physiques des personnages (futurs acteurs). Sous la poussée du « parlant », auteurs et acteurs ont dû repenser la partition gestique dans son éclatement et sa redistribution. L’emphase perçue dans le jeu relèverait dès lors, au-delà d’une phraséologie typiquement romanesque et d’époque, de la jointure malaisée entre gestes de substitution et gestes d’accompagnement, et de la tension entre dialogues « naturels » et jeu stylisé en tableaux. Les écritures du genre « pantomime dialoguée » font « voir » des codes ludiques désolidarisés mais coexistants qui éclairent les prémices du double jeu mélodramatique et redessinent ainsi les définitions établies.

Abstract : 

Hyper-developed stage directions in pantomime plays as traces of melodramatic acting (1792-1804)

The scripts of pantomime plays and early melodramas are dominated by hyper-developed or invasive stage directions that can be read as the textual traces of the acting conditions. In these texts of narrative nature, action story-telling is combined with scenographic indications and descriptions of the characters’ (future actors’) movements and physical reactions. As « talking » modalities appeared, writers and actors had to rethink and reconfigure the gestural score, as it got split and redistributed between dialogues and stage directions. The exaggerated expressivity that was perceived in melodrama may therefore be explained by a difficult juncture between substitutive and speech-accompanying gestures, and by the tension between « natural » dialogues and stylised acting in « tableaux », all beyond the typical novel-like phraseology of the time. Texts of “spoken pantomimes” as a genre let us “see” separate but coexistent codes that shed light on the origins of the melodramatic double way of acting, and allow us to redraw the established definitions.


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